Rechercher

Addiction Virtuelle, Souffrance Réelle


Vacances idéales, métier de rêve, bonheurs virtuels, corps à la plastique parfaite, mari amoureux, enfants affectueux, garde-robe parfaitement ordonnée dans le dressing bla bla bla bla…




En voilà une vie telle qu’elle n’existe pas ! ou plutôt si, mais on ne vous parle pas des coups de cafards, de déprime, de trou d’air, d’échecs, de doutes, de troubles, de disputes. La vraie vie quoi ! Et nous le savons tous, mais c’est tellement cool de rêver à l’inaccessible.


Savez-vous à quoi mène l’addiction aux réseaux sociaux : à la perte de connexion avec le monde réel, à l’isolement avec ses proches, à la dépression, à la perte de confiance en soi, aux troubles du sommeil, à la perte de concentration, au manque d’estime de soi, au doute permanent, à la remise en question incessante, à la charge mentale, au burn-out numérique. Je passe les effets collatéraux pour votre entourage. Le pire, c’est que nous adultes, nous le transmettons inconsciemment à nos enfants. Sans même nous en rendre compte, ils nous parlent et nous sommes absents, car absorbés pas nos influenceurs. Et le pire c’est que par la suite ils nous copient et on ne finit pas de se plaindre « rolala les jeunes sont vraiment trop sur les réseaux ».


Près de 7 heures passées chaque jour sur Internet
Alors que la dépendance à Internet s’est accrue durant la crise sanitaire, en particulier pendant les confinements successifs, le temps passé par les internautes à utiliser les technologies connectées ne cesse d’augmenter. Les dernières données font ainsi état de 6 heures et 58 minutes passées sur le web au Q3 2021, tous appareils confondus, en hausse de 4 minutes comparé au Q3 2020 (+1 %).
Si l’on considère que l’individu moyen dort environ 7 à 8 heures par jour, l’internaute type passe désormais plus de 40 % de sa vie éveillée en ligne*

Source : le bogue du modérateur


Je ne suis pas là pour fustiger les réseaux sociaux, que cela soit clair. Je serai bien mal placée pour le faire puisque j’ai un compte instagram qui me permets une toute petite vitrine via le monde virtuel. De plus, je n’en prive pas mes enfants qui en tant qu’ado dignes de ce nom, ont des comptes Tik Tok et SapShat. Même si j’en limite la consommation quotidienne, il me semble très compliqué d’aller surveiller tout ce qu’il s’y passe.

En revanche je suis assez stricte sur le temps qu’elles y passent, 1h par jour, je veille aux publications et aux personnes abonnées à leurs comptes. Pas d’inconnu, uniquement des connaissances, les camarades, la famille et les amis. Et enfin, les comptes doivent rester fermés.


Expérience


  • Karine

Je rédige cet article car j’accompagnais depuis quelques séances une jeune étudiante, qui est en dépendance totale aux réseaux sociaux et qui ne se sort malheureusement pas de la situation. Elle s’appelle Karine et m’a donné son autorisation pour exposer le sujet. J’ai pu le suivre sur 5 séances, durant 1 mois. Pour la première fois depuis que je suis en exercice, et par déontologie, je n’ai pu l'accompagner dans la problématique. Je l’ai alors redirigé vers un addictologue avant qu’il ne soit trop tard. Combien de Karine sont en prise avec ce piège infernal ? Et vous, où en êtes-vous avec l’usage des réseaux sociaux ? Vous retrouvez-vous connectés à 2H du matin à faire défiler des publications dont vous ne vous souviendrez même plus au réveil ? Ou alors, prenez-vous des photos non pas pour le plaisir de conserver des souvenirs, mais surtout pour les publications que prévoyez d’en faire sur les réseaux ?


  • Clara

Précédemment encore, la maman d’une cliente (jeune fille de 17 ans) m’avait déjà sollicitée pour un problème de sommeil. J’avais alors rapidement identifié que le vrai nœud était une surexposition aux réseaux sociaux. Un travail familial accompagné d’une méthode, d’outils de Sophrologie avait alors porté ses fruits. En de très courtes semaines, nous avions trouvé le moyen de limiter sans trop de difficultés l’usage aux réseaux sociaux. Aujourd’hui, les résultats scolaires de Clara sont de nouveau au niveau attendu, elle a retrouvé la concentration grâce à un meilleur sommeil et elle profite des activités extra-scolaires et familiales sans plus aucune dépendance à son téléphone. Elle se souvient qu’elle craignait de passer à côté de quelque chose en permanence. Mais ça, c’était avant …


Parfois, on le décrit comme étant une bulle d’oxygène, comme une confiserie pour le cerveau, un petit moment pour se détendre, pour voir ce que font les amis, pour s’informer ou que sais-je encore. Mais finalement, cela fait-il plus de mal ou de bien ?


Karine a peu à peu « sombré » à la suite d’une peine de cœur. 8 heures par jour, elle continuait alors à surveiller les faits et gestes de son ex- petit ami sur les réseaux, sa vie, ses activités, les groupes d’amis, les sorties alors que lui-même avait refait sa vie « je ne pouvais pas m’empêcher de savoir ce qu’il faisait et avec qui pour savoir s’il était plus heureux qu’avec moi ». Il est passé à la vitesse supérieure après un échec dans ses études. Elle passait alors jusqu’à 10h par jour en ligne ! Jusqu’à en faire un burn-out digital.


La dépendance fût insidieuse, l’isolement facile. Sentiment d’infériorité, dévalorisation permanente parce que la vie des autres est tellement mieux sous le prisme d’une société idéalisée.

Il n’y a plus de place pour rien : famille, étude, activités sportives, loisirs et amis. Elle est devenue prisonnière d'elle-même. Les contenus sont devenus de plus en plus addictifs et selon que nous soyons vulnérables ou pas, selon les périodes, la descente est assez facile.

J’ai vu un reportage il y a quelques mois sur une jeune fille qui s’est suicidée car elle n’avait pas assez de likes. Du coup elle ne publiait plus, ne se sentait pas aimée. Voilà comment, sans garde-fou aux réseaux sociaux, si les usages ne sont pas maitrisés ou accompagnés, ils ajoutent davantage à la charge mentale et poussent à la déprime (pour ne pas dire dépression).


Expliquer qu’on ne maitrise finalement pas grand-chose des algorithmes, et que cette quête engendre des fragilités narcissiques pourrait être salvateurs pour les plus fragiles.

Nécessité d’être vus, d’être admirés, parce que si on n’est pas likés on n’est pas aimés et on existe que sous l’approbation des autres. Triste mais tellement présent dans nos vies actuelles.

Pour revenir à Karine, même pour alimenter son propre profil, elle se joue des films et réalise des mises en scène. Elle m’a d’ailleurs raconté quelques scènes vraiment très drôles. Mais déroutantes. Elle est devenue actrice de sa propre vie, jusqu’à s’habiller, se faire belle pour aller dans une soirée juste pour y prendre des photos publiables, s’y filmer en feignant de s’y amuser alors qu'il était profondément seule et pathétique.

Résultat : perte totale de la connexion à soi, souffrance, irritabilité, violence verbale et même physique car perte de contrôle et c’est toute sa vie qui en était gangrénée.

Si vous n’avez pas atteint ce stade et que vous ne vous sentez pas concernés, tant mieux. Mais faites de temps en temps un check-up de votre activité en ligne en analysant votre bien-être vis-à-vis d’eux.


Heureusement, des solutions existent. Pour rédiger cet article, j’ai recherché des associations actives sur le sujet : netecoute.fr, eenfance.fr.


Pour les plus jeunes : découvrez ici comment mieux protéger les mineurs en ligne : la CNIL publie 8 recommandations !


Pour les adultes, voici quelques pratiques que vous pouvez également explorer :


1. Investissez dans un radioréveil ! Un téléphone sur une table de chevet, c’est le cerveau qui vous dit « coucou je suis là, des notifications arrivent et il se passe des choses sur les réseaux »


Donc préservez vos nuits ! Votre téléphone est multifonction, certes mais votre sommeil n’en sera que plus profond.


2. Au réveil le matin, ne prenez pas le téléphone avant d’avoir dis bonjour à toute la famille, d’avoir petit déjeuné et d’être prêts pour aller travailler ou à l’école.


3. Supprimez les notifications. Ne soyez pas dépendants des alertes qui peuvent vous déconcentrer sans que vous n’ayez rien demandé.


4. Ne coupez pas une discussion en face à face avec une personne pour regarder vos notifications.


5. Limitez-vous à un usage de X h par jour. Intégrez le minutage quotidien sur votre téléphone. Respecter le cadre que vous vous fixez en la matière.


6. Faites le point sur les applications utiles ou non sur votre téléphone, supprimez celles qui ne sont pas nécessaires, elles prennent de la place dans votre esprit, sans même que vous ne le sachiez.


7. Pas de téléphone à table ou en mangeant. La priorité, c’est votre repas et l’attention portée aux personnes qui vous accompagnent.


8. Retrouvez le plaisir d’autres activités, sans le téléphone ! Le cerveau n’aime pas trop le vide, alors occupez-le avec des éléments qui vous font du bien !


Et si vous lisez cet article depuis votre téléphone, c’est différent, vous prenez de l’info 😊


Les réseaux sociaux sont un amplificateur de ce qu’il y a de meilleure et de pire aussi dans la vie. Soignez donc vos usages, autant que vous prenez soin de vous dans la vraie vie !

0 commentaire

Posts récents

Voir tout